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PapaPublié par Dragotheo le 14/6/2010 (18119 lus)
Tu m'as appris à rire
Tu m'as fait grandir Mais tu m'as aussi fait pleurer Quand j'ai voulu tester Les limites de ta patience Avec mon impertinence Tu étais l'homme le plus patient De tous les temps Tu as su me donner goût à la vie Tu m'as fait voir d'autres horizons, comme Paris Et tant d'autres belles choses Mais tu trouvais le temps de t'accorder des pauses Dans ton planning serré Pour tes enfants adorés Tu nous as donné l'amour d'un père Que jamais on ne perd Mais tout s'est arrêté Quand je t'ai trouvé Sur le sol des toilettes J'avais été si bête De te demander D'arrêter de ronfler Depuis mon lit Où j'avais dormi Tu suffoquais, allongé Alors c'est l'ambulance que j'ai appelée Avant d'aller chercher la voisine qu'on connaît Qui t'a appelé, tapoté Mais tu ne répondais pas Et l'ambulance n'arrivait pas C'étaient les plus longues minutes que j'aie passées Tu as arrêté de suffoquer Plus rien Je ne sentais plus mes mains Je n'avais plus que le sentiment Qui nous anime dans ces moments Les ambulanciers sont arrivés Chez la voisine je suis monté Elle m'a alité Et réconforté Durant les secondes qui paraissent des heures Dans mon flot de pleurs Quand l'ambulancier Est monté m'annoncer Que tu nous avais quittés De plus belle j'ai pleuré Sur le coup, ça m'a fait mal J'avais envie de me tirer une balle Après, j'ai ouvert les yeux Dehors il pleut Et le toit s'est effondré Au moment où tu nous a quittés Cet événement tragique M'a prouvé que le monde n'était pas logique Mais qu'il fallait s'y faire Et tenter de s'y plaire On m'a aidé J'ai des épaules sur lesquelles pleurer J'ai appris à voler de mes propres ailes Mais mon avis personnel Est que tu n'as pas eu le temps De m'apprendre à m'en servir correctement Maintenant, je m'inspire de mon malheur Pour écrire pendant des heures Et j'aimerais savoir Tout ce qu'il y a dans le noir De mon esprit Tout engourdi J'aimerais comprendre La manière de s'y prendre Pour me contrôler Ne plus me lamenter Mais tu es dans mon cœur Je le sais, ça ressort en pleurs Plus je vais de l'avant Plus j'en apprends Quand tu étais là, je ne m'en rendais pas compte Maintenant, je raconte Mon cœur s'est cassé Et une personne en a profité Pour le remettre en place Mais jamais elle ne te remplace Tu me manques à un point Et tu es si loin Que pour rien au monde Je ne voudrais faire cette route longue Je n'ai pas envie de tout quitter Et de voir des gens pleurer Tu me manques déjà beaucoup Et je me demande si je vais tenir le coup Je m'énerve contre le sort Même si je crois que j'ai tort Mais il y a de quoi s'énerver Au point d'en pleurer Plus rien n'est comme avant Je ne vais plus de l'avant Je me pose trop de questions Et le temps me paraît si long Que je me perds Sans toi, mon père Maintenant, il faut que j'écrive Pour ne pas tomber à la dérive J'arrive à définir Pourquoi je n'ai plus la même envie de rire J'écris pour me défouler Exprimer mes pensées Qui sont de trop dans mon esprit Mais elles y ont trouvé leur logis Des fois, j'ai envie de crier Ça a tendance à m'énerver Quand je t'ai trouvé, j'avais envie de courir Ou de me laisser mourir J'ai choisi la deuxième option C'est bien plus long Mais j'arrive à en profiter Grâce à l'éducation que tu m'as donnée Et la vie Sait donner envie Mais pas toujours On fait tout pour Que ça n'arrive jamais On lui demande: « s'il te plaît » Mais elle ne répond pas Mais bon, voilà On fait avec ce qu'on peut Et il en faut peu pour être heureux Il faut savoir se satisfaire du strict nécessaire Suivre le rythme de la chanson Pour que ça paraisse moins long Mais au fond, ça l'est autant Je t'aime Papa Même si tu ne le liras pas
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